La pollution atmosphérique reste trop élevée dans l’ensemble de l’Europe

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Actualités Publié 29/10/2018 Dernière modification 13/11/2018
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Malgré de lentes améliorations, la pollution atmosphérique dépasse toujours les limites établies par l’Union européenne et les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé, selon des données et informations récentes publiées par l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). La pollution atmosphérique continue de représenter un danger pour la santé humaine et l’environnement.

 Image © Ieva Bruneniece, My City /EEA

La pollution atmosphérique est un tueur invisible et nous devons intensifier nos efforts pour agir sur ses causes. En ce qui concerne la pollution atmosphérique, les émissions issues du transport routier sont généralement plus nocives que celles provenant d’autres sources, car elles se produisent au niveau du sol et le plus souvent en ville, à proximité de la population. C’est pourquoi il est si important que l’Europe redouble d’efforts pour réduire les émissions causées par le transport, l’énergie et l’agriculture et investisse pour rendre ces secteurs plus propres et plus durables.

M. Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE

Le transport routier constitue l’une des principales sources de pollution atmosphérique en Europe, notamment en ce qui concerne des polluants nocifs tels que le dioxyde d’azote et les particules, selon le rapport de l’AEE intitulé « Air quality in Europe - 2018 report » [Qualité de l’air en Europe - rapport 2018].  Les émissions issues de l’agriculture, de la production d’énergie et de la consommation d’énergie par l’industrie et les ménages contribuent également à la pollution atmosphérique. Le rapport présente les données officielles les plus récentes sur la qualité de l’air, communiquées par plus de 2 500 stations de surveillance en Europe en 2016.

Impacts élevés de la pollution atmosphérique sur la santé

Les particules, le dioxyde d’azote (NO2) et l’ozone troposphérique (O3) sont les plus nuisibles pour la santé humaine. Les fortes concentrations de polluants atmosphériques continuent d’exercer des effets négatifs sur les Européens, en particulier ceux qui vivent dans les zones urbaines. La pollution atmosphérique a également des répercussions économiques considérables : réduction de l’espérance de vie, augmentation des frais médicaux et abaissement de la productivité dans l’ensemble de l’économie à cause des arrêts de travail pour raisons de santé. La pollution atmosphérique a également une incidence négative sur les écosystèmes, en endommageant les sols, les forêts, les lacs et les rivières et en réduisant les rendements agricoles.

Les politiques menées par le passé, celles en cours et les évolutions technologiques ont permis de réaliser des progrès lents mais constants dans la réduction de ces impacts négatifs. Selon les dernières estimations présentées dans le rapport, les concentrations de particules fines (PM2,5) ont été responsables d’environ 422 000 décès prématurés dans 41 pays européens en 2015, dont environ 391 000 dans les 28 États membres de l’UE. Une évaluation plus générale présentée dans le rapport de cette année, qui remonte jusqu’à 1990, montre que le nombre de décès prématurés dus aux PM2,5 a été réduit d’environ un demi-million par an. Cette évolution s’explique par la mise en œuvre des politiques européennes en matière de qualité de l’air et la mise en place de mesures à l’échelle nationale et locale qui ont notamment permis de rendre les voitures, l’industrie et la production d’énergie plus propres.

« La pollution atmosphérique est un tueur invisible et nous devons intensifier nos efforts pour agir sur ses causes. En ce qui concerne la pollution atmosphérique, les émissions issues du transport routier sont généralement plus nocives que celles provenant d’autres sources, car elles se produisent au niveau du sol et le plus souvent en ville, à proximité de la population. C’est pourquoi il est si important que l’Europe redouble d’efforts pour réduire les émissions causées par le transport, l’énergie et l’agriculture et investisse pour rendre ces secteurs plus propres et plus durables », a déclaré M. Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE. « Agir sur ces secteurs de manière intégrée peut apporter des avantages évidents pour la qualité de l’air et le climat, et contribuera à améliorer notre santé et notre bien-être. »

Autres conclusions essentielles

Particules: Pour les PM2,5 (particules d’un diamètre de 2,5 micromètres ou moins), le pourcentage de la population urbaine de l’UE exposée à ces particules était de 6 % en 2016, contre 7 % l’année précédente. Mais environ 74 % de la population urbaine de l’UE a été exposée à des concentrations supérieures aux limites fixées par les lignes directrices de l’OMS, qui sont plus strictes. On estimait à 422 000 le nombre de décès prématurés causés par l’exposition aux particules PM2,5 dans 41 pays européens en 2015.

Dioxyde d’azote: La valeur limite annuelle pour le NO2 continue d’être largement dépassée dans l’ensemble de l’Europe. En 2016, 7 % de la population urbaine de l’UE vivait dans des zones où les concentrations étaient supérieures à la valeur limite annuelle fixée par l’UE et les lignes directrices de l’OMS, contre 9 % en 2015. L’exposition au NO2 a provoqué quelque 79 000 décès prématurés dans 41 pays européens en 2015.

Ozone troposphérique: Environ 12 % de la population urbaine de l’UE a été exposée à des concentration de O3 supérieures à la valeur cible de l’UE en 2016, ce qui représente une diminution considérable par rapport à 2015 (- 30 %). Ce pourcentage reste néanmoins supérieur aux 7 % enregistrés en 2014. Environ 98 % des citadins ont été exposés à des concentrations supérieures aux limites établies par les lignes directrices de l’OMS, qui sont plus strictes. L’exposition à l’ozone a provoqué quelque 17 700 décès prématurés dans 41 pays européens en 2015.

Un nouveau «EEA Briefing» explique les évaluations des risques pour la santé

Un briefing également publié aujourd’hui, intitulé «EEA’s health risk assessments of air pollution» [Évaluation par l’AEE des risques pour la santé posés par la pollution atmosphérique] , donne un aperçu détaillé de la manière dont l’AEE calcule ses estimations annuelles sur la qualité de l’air et la santé, qui mesurent les effets de la pollution atmosphérique sur la santé de la population.

Les effets de l’exposition à la pollution atmosphérique sur la santé sont divers et vont de l’inflammation des poumons aux décès prématurés. Dans le cadre de l’évaluation des risques pour la santé réalisée par l’AEE, la mortalité est sélectionnée comme effet sur la santé mesuré, s’agissant d’un effet pour lequel les preuves sont les plus solides. La mortalité due à l’exposition à la pollution atmosphérique est estimée du point de vue des « décès prématurés » et des « années de vie perdues ». Les estimations des effets sur la santé présentées dans ce rapport portent sur l’exposition aux PM2,5, NO2 et O3 en Europe en 2015. Ces estimations reposent sur des informations relatives à la pollution atmosphérique, sur des données démographiques et sur le rapport entre l'exposition aux concentrations de polluants et des effets précis sur la santé. Les estimations fournissent une mesure de l’incidence générale de la pollution atmosphérique sur une population donnée et ne peuvent pas être extrapolées à des personnes spécifiques vivant dans un espace géographique déterminé.

 

Note sur les estimations de décès prématurés

Les effets estimés des différents polluants ne peuvent pas être simplement additionnés pour estimer l’incidence totale sur la santé imputable à l’exposition. Par exemple, étant donné que les concentrations de PM2,5 et de NO2 sont (parfois fortement) corrélées, les effets estimés de ces polluants ne peuvent pas être cumulés. Procéder de la sorte pourrait entraîner un double comptage.

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