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La santé en ligne de mire: quand pollution zéro rime avec vies plus saines en Europe

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Article Publié 20/07/2022 Dernière modification 01/08/2022
3 min read
La pollution de l’environnement a des effets sur notre santé et notre qualité de vie. Les évaluations de l’Agence européenne pour l’environnement ont mis en évidence ces effets et les avantages potentiels que nous pourrions tirer d’un environnement plus propre. Nous pouvons prévenir certains cas de cancer; nous pouvons améliorer notre qualité de vie grâce aux mesures prises pour tendre vers une pollution zéro en Europe.

Les problèmes de santé et les décès prématurés affectent non seulement les personnes directement concernées, mais aussi leurs familles, amis et soignants qui prennent en charge les malades. Chaque décès prématuré représente la perte d’un membre d’une famille; chaque jour de maladie est un jour manqué à l’école ou au travail, ainsi qu’un jour de soins ou de traitement pour les soignants. La souffrance humaine et le coût économique liés aux décès prématurés et aux maladies constituent un lourd fardeau pour les individus, leurs familles et la société en géneral. La pandémie de Covid19 a montré à quel point nous sommes vulnérables face à une crise sanitaire de grande ampleur.La pollution de l’environnement constitue une crise sanitaire d’une ampleur tout aussi considérable, mais dont l’évolution est plus lente. 

La pollution de l’environnement affecte notre santé et notre qualité de vie 

L’AEE a publié de nombreuses évaluations concernant la pollution de l’environnement et ses effets sur la santé. Notre dernier rapport sur la qualité de l’air montre que les actions menées depuis des décennies contre la pollution atmosphérique ont considérablement amélioré la qualité de l’air sur tout le continent. Si la conséquence en a été une réduction des décès prématurés dus à la pollution atmosphérique, il n’en demeure toutefois pas moins que, tous les ans, près de 300 000 personnes continuent de perdre la vie prématurément dans l’UE en raison de l’exposition à un seul polluant atmosphérique: les particules fines. Plus de la moitié de ces décès prématurés pourraient être évités si les États membres de l’Union réduisaient leurs niveaux de PM2,5 au niveau recommandé par l’OMS. 

Nos évaluations montrent également que le fardeau des maladies attribuables à l’environnement n’est pas réparti de manière égale à travers l’Europe et entre les différentes catégories de population. Il n’est pas étonnant que, dans les zones où la pollution environnementale est importante, ses effets sur la santé le soient également. De la même façon, dans les zones où les niveaux de pollution et d’exposition ont été réduits, nous constatons une amélioration de la santé. 

Certaines régions et catégories de population, comme les jeunes enfants et les personnes âgées, sont plus exposées à la pollution et susceptibles d’en souffrir en raison de leur vulnérabilité. Une personne souffrant d’une longue maladie peut voir sa qualité de vie considérablement dégradée, non seulement sur le plan physique, mais aussi sur le plan économique et social. La pandémie et ses confinements ont également montré à quel point beaucoup d’entre nous peuvent être vulnérables en situation d’isolement ou de maladie prolongée. 

Un environnement plus propre et une population en meilleure santé  

La bonne nouvelle est qu’une grande partie du fardeau que représentent les maladies attribuables à l’environnement peut heureusement être évitée si nous prenons des mesures en vue d’améliorer l’état de l’environnement et d’atteindre l’objectif d’une pollution zéro. En juin, l’AEE a publié une évaluation portant sur les cas de cancer et les facteurs environnementaux qui en sont la cause. Notre étude examine un grand nombre de polluants et montre qu’une proportion importante des cancers en Europe est associée à des expositions d’origine environnementale et professionnelle. Dès lors, il est possible d’éviter de tels cancers si nous augmentons les mesures de réduction de la pollution. 

La nouvelle évaluation est la première d’une série de rapports consacrés aux avantages en termes de santé résultant des améliorations apportées à l’environnement. L’AEE poursuivra ses travaux dans ce domaine avec des évaluations relatives aux maladies cardiovasculaires et respiratoires, que nous prévoyons de publier plus tard cette année et l’année prochaine.   

Dans les semaines à venir, nous procéderons à une mise à jour de notre plateforme sur la qualité de l’air dans les villes, qui montre clairement que certaines d’entre elles ont un air beaucoup plus pur que d’autres. Nous analysons également les informations sur la manière dont la pollution atmosphérique touche les enfants et ce qui peut être fait pour les protéger. Les nuisances sonores constituent un autre polluant préoccupant dans les villes, certaines parviennent à réduire le niveau sonore sur leurs territoires et à garantir des zones de calme dans leurs espaces verts. Toutes ces informations seront rassemblées dans un atlas de la santé environnementale, qui sera publié au cours du premier semestre de l’année prochaine. 

Notre travail sur les facteurs environnementaux qui contribuent à une mauvaise santé en Europe est étroitement lié à celui que nous menons sur la pollution zéro, au sujet duquel nous prévoyons de publier une évaluation de référence sur les objectifs fixés par le plan d’action européen «zéro pollution». L’un des éléments clés de ce plan d’action est de prévenir la pollution en amont plutôt que de la traiter en aval, ce qui permettrait d’éviter ses effets négatifs à la fois sur la santé humaine et sur l’environnement. Notre évaluation de référence portera sur les liens existant non seulement avec la santé, mais aussi avec les écosystèmes, ainsi qu’avec les systèmes sociétaux de production et de consommation. 

Toutes les mesures que nous prendrons et tous les investissements auxquels nous consentirons en vue de réduire la pollution en accord avec le plan d’action européen «zéro pollution» amélioreront notre santé à tous et celle de notre environnement, car, au bout du compte, mieux vaut prévenir que guérir.  

 

Hans Bruyninckx

 

Hans Bruyninckx 

Directeur exécutif de l’AEE  

Éditorial publié dans la lettre d’information de l’AEE, juin 2022  

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