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Solidarité en Europe en temps de guerre

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Article Publié 08/04/2022 Dernière modification 05/05/2022
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L’agression militaire russe en Ukraine a bouleversé la vie des Ukrainiens du jour au lendemain. Les conséquences de cette guerre injustifiée se font sentir non seulement en Ukraine, mais également au-delà de ses frontières, et continueront à nous affecter tous pendant des années, voire sur plusieurs générations.

Les guerres sont porteuses de destructions et de pertes immédiates. Les dommages causés par ce conflit ne se mesurent pas seulement à l’aune du nombre de morts ou des dégâts matériels. Pour les victimes, il s’agit de la disparition d’êtres chers, de proches et d’amis, qui ne pourront jamais être remplacés. Se remettre de la perte du sentiment d’un foyer sûr et de la confiance en l ’«autre » est tout aussi difficile. Ce qui est détruit en quelques secondes peut prendre des décennies à reconstruire .

L’agression non provoquée et injustifiée de l’armée russe en Ukraine a débuté il y a maintenant plus d'un mois et chaque jour qui passe apporte son lot de pertes et de destructions supplémentaires. Nous assistons à une tragédie humaine: des soldats et des civils perdent la vie, des millions de personnes — mères de famille et enfants — cherchent refuge dans les pays voisins, et nombre de ceux qui restent dans le pays et qui, il y a encore quelques semaines , vaquaient à leurs occupations quotidiennes, se portent aujourd’hui volontaires pour rejoindre les forces de défense ukrainiennes. Il y a quelques mois, rares étaient ceux qui auraient pu imaginer la tournure des événements et la rapidité avec laquelle ils allaient se dérouler.

Le continent européen a connu de nombreuses guerres. C’est pour éliminer la possibilité de guerres futures et apporter une paix durable au continent que les pays européens ont commencé à coopérer dans un certain nombre de domaines politiques, dont l’énergie. L’Union européenne a été créée, avant tout, dans cet objectif — un fait que beaucoup d’entre nous ont peut-être oublié ou considéré comme acquis jusqu’aux événements de ces dernières semaines. Aujourd’hui, le périmètre de la coopération européenne couvre un large éventail de domaines d’action allant de l’aide humanitaire et du commerce à l’environnement et à l’agriculture, et ce dans un contexte politique marqué par la paix depuis plus de sept décennies.

La solidarité de l’UE en son sein et avec l’Ukraine

Face à la crise actuelle, c’est cette volonté et cet engagement à travailler ensemble qui ont permis à l’Union européenne et à ses 27 États membres de parler et d’agir d’une seule voix, et d’apporter un soutien commun aux réfugiés tout en imposant des sanctions économiques à la Russie. Cette solidarité au sein de l’UE et avec l’Ukraine a été récemment renforcée par les dirigeants européens lors de la réunion du Conseil européen à Versailles, en France.

Outre l’aide à apporter aux réfugiés ukrainiens qui arrivent, l’un des problèmes à résoudre au sein de l’UE reste le niveau actuel de dépendance aux combustibles fossiles russes. La Russie reste le principal fournisseur d’énergie de certains États membres de l’UE, ce qui rend ces pays particulièrement vulnérables. La hausse des prix de l’énergie à l’échelle mondiale avait commencé bien avant la guerre lancée par la Russie, mais cette augmentation et la volatilité des prix se sont accentuées depuis. La réduction des importations russes exercera très certainement une pression à la hausse sur les prix de l’énergie à court terme.

Les dirigeants européens ont demandé à la Commission européenne de présenter un plan RePowerEU afin de rendre l’UE indépendante du pétrole, du charbon et du gaz russes bien avant 2030, tout en atténuant les effets de la hausse des prix de l’énergie et en accélérant la transition vers une énergie propre. Le plan devra mettre davantage l’accent sur l’efficacité énergétique et l’amélioration de l’interconnexion des réseaux énergétiques et des réseaux électriques. La Commission européenne devra également proposer un plan concernant la sécurité de l’approvisionnement à court et moyen terme pour l’hiver prochain.

Le pacte vert pour l’Europe et la loi européenne sur le climat avaient déjà engagé l’UE sur la voie de la neutralité climatique pour 2050, avec des objectifs ambitieux, dont la réduction de 55 % des émissions d’ici à 2030. Au vu des récents événements, il est clair que l’UE devra mettre en place des mesures encore plus audacieuses. Cela ne doit pas entraîner de déviation par rapport à la trajectoire globale. Au contraire, la réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles pourrait bien nous inciter à accélérer la transition énergétique.

Pertes incommensurables et irremplaçables

Les guerres sont porteuses de destructions et de pertes immédiates. Les dommages causés par ce conflit ne se mesurent pas seulement à l’aune du nombre de morts ou des dégâts matériels. Pour les victimes, il s’agit de la disparition d’êtres chers, de proches et d’amis, qui ne pourront jamais être remplacés. Se remettre de la perte du sentiment d’un foyer sûr et de la confiance en l’«autre» est tout aussi difficile. Ce qui est détruit en quelques secondes peut prendre des décennies à reconstruire.

Les guerres ont également des répercussions durables sur l’environnement. Selon l’ampleur des destructions causées par la guerre et le type d’arsenal déployé, les produits chimiques toxiques présents dans l’eau, le sol et l’air peuvent persister pendant des décennies et nuire à la santé humaine, aux habitats et aux espèces. Outre la pollution, les débris, les déchets et la destruction des écosystèmes, les guerres et la reconstruction qui s’ensuit sont très gourmandes en ressources, ce qui exerce des pressions et des demandes supplémentaires en matière d’énergie et de matériaux de construction.

Il est également très probable que la guerre ait une incidence sur l’offre mondiale de blé, laquelle pourrait à son tour provoquer une hausse des prix des denrées alimentaires au niveau mondial et entraîner des pénuries dans certaines régions. Quelle qu’en soit la cause, ces chocs et ces crises touchent davantage certaines personnes et régions que d’autres. Notre devoir et nos valeurs européennes nous obligent à faire preuve de solidarité avec ceux qui ont besoin de notre aide.

Mes pensées vont à tous les Ukrainiens frappés par cette crise. Je ne peux qu’espérer une fin rapide et pacifique de cette agression, sans autres pertes.

 

Hans Bruyninckx 

Hans Bruyninckx
Directeur exécutif de l’AEE

Éditorial publié dans la lettre d’information de l’AEE, mars 2022

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