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Restaurer le monde naturel

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Article Publié 17/05/2022 Dernière modification 09/08/2022
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L’Europe s’est fixée des objectifs politiques ambitieux pour permettre à la nature de se reconstituer et de se développer, en augmentant les avantages pour la société d’un monde naturel en bonne santé. Qu’il s’agisse des zones protégées, des infrastructures vertes et bleues, de la restauration, de la réintroduction d’espèces sauvages ou de l’utilisation de solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique, il reste beaucoup à faire pour inverser le processus de détérioration de la santé de la nature.

La protection de la nature est la première étape. La biodiversité en Europe continue de décliner, mais une évolution positive a récemment été observée pour les forêts, les mammifères et les oiseaux, qui bénéficient de mesures de conservation.

Actuellement, les efforts de conservation de plus de 2 000 espèces sont couverts par la législation européenne, notamment les directives « Oiseaux » et « Habitats ». Au cœur de ces directives figure le réseau Natura 2000 de zones protégées de l’UE, le plus grand réseau de ce type au monde. Il représente 18 % de la superficie terrestre de l’UE et 8 % de son territoire marin.

SNatura 2000 assure la protection des espèces et des habitats les plus précieux et menacés d’Europe. Les sites protégés offrent des zones de reproduction et de repos pour les espèces rares et menacées, tandis que certains habitats rares sont désignés comme sites protégés en tant que tels.

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L’objectif de la nouvelle stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité est de porter les zones protégées à au moins 30 % des terres de l’UE et 30 % des mers environnantes d’ici 2030. Les forêts primaires et anciennes et les autres écosystèmes riches en carbone, tels que les tourbières et les prairies, seront au centre des efforts de conservation.  

© Mateusz Piesiak, REDISCOVER Nature /EEA,

En outre, la stratégie prévoit de planter au moins 3 milliards d’arbres d’ici à 2030 afin de soutenir la restauration de la biodiversité et des écosystèmes. Davantage de forêts seront également gérées afin de promouvoir des pratiques respectueuses de la biodiversité.

Jeter des ponts

Le développement du réseau transeuropéen de la nature par l’extension des zones protégées pour atteindre l’objectif de 30 % fait partie de la stratégie en faveur de la biodiversité. De nombreuses zones protégées Natura 2000 sont déjà reliées par des paysages naturels et semi‑naturels qui fournissent des services écosystémiques, tels que la pollinisation, la fertilité des sols, la maîtrise des crues et des activités de loisir, et qui sont essentiels pour l’atténuation du changement climatique et la réduction des risques de catastrophe. Le réseau Émeraude composé de zones d’intérêt spécial auquel l’UE contribue via Natura 2000, soutient également les mêmes efforts. Ensemble, ces zones forment un réseau d’infrastructures vertes et bleues à travers l’Europe. Des études indiquent que la nature est mieux protégée à l’intérieur de ce réseau, sa plus grande superficie permettant d’offrir les services requis et générant moins de pressions sur les écosystèmes.

Cependant, des obstacles tels que les routes, les voies ferrées, les zones urbaines et les terres agricoles fragmentent les paysages et limitent ainsi les déplacements des espèces et entravent le développement du réseau. L’augmentation de la connectivité du réseau permet d’améliorer l’état des habitats, de prévenir le déclin de la biodiversité et de renforcer la prestation de services écosystémiques.

Les cours d’eau à courant libre

Des obstacles entravent la santé des masses d’eau en Europe. Il existe plus d’un million d’obstacles sur les rivières européennes, notamment des barrages, des déversoirs et des écluses. La plupart sont de petite taille et obsolètes. Ils contribuent grandement au mauvais état de la nature dans nos rivières, car de nombreuses espèces ont besoin de rivières à courant libre pour se développer et, actuellement, le mouvements des sédiments vers l’aval est empêché, ce qui provoque des blocages et altère les habitats.

La stratégie en faveur de la biodiversité vise à restaurer au moins 25 000 km de rivières à courant libre d’ici 2030 en supprimant les obstacles, en construisant des canaux de dérivation pour les poissons migrateurs et en rétablissant le flux des sédiments. En octobre 2020, près de 5 000 suppressions de barrages avaient été enregistrées en Europe, sur la base des données fournies par 11 pays. La restauration des plaines inondables et des zones humides est également un élément important de ce travail.

L’appel du monde sauvage

Alors que les solutions susmentionnées nécessitent des processus de gestion intensive pour restaurer la nature, la réintroduction d’espèces sauvages est une approche plus récente et plus naturelle. L’identification d’espaces où les processus naturels sont encouragés permet à la nature de guérir afin qu’elle puisse retrouver son autonomie. Des initiatives telles que Rewilding Europe (réintroduction d’espèces sauvages en Europe) visent à accroître la biodiversité de l’Europe de cette manière.

Il existe aujourd’hui huit grandes zones de réintroduction d’espèces sauvages en Bulgarie, en Croatie, en Allemagne, en Italie, en Pologne, au Portugal, en Roumanie et en Suède. Elles abritent divers projets de réintroduction d’espèces sauvages, dont le rétablissement de populations de bisons d’Europe en liberté dans les Carpates méridionales de la Roumanie et la protection du vautour moine et du vautour fauve dans les Rhodopes en Bulgarie.

La nature dans les pays et territoires d’outre‑mer de l’Europe

Les régions ultrapériphériques et les pays et territoires d’outre‑mer de l’UE couvrent environ la même superficie que l’UE et les plus grands territoires marins du monde.

Plus de 150 îles d’outre‑mer de l’UE abritent plus de 20 % de tous les récifs de corail et lagunes de la planète et possèdent une biodiversité très riche. Toutefois, ces écosystèmes insulaires sont également très vulnérables aux espèces envahissantes, aux activités humaines et aux effets du changement climatique.

L’initiative BEST – biodiversité et services écosystémiques dans les territoires d’outre‑mer européens – vise à soutenir la conservation de la biodiversité et l’utilisation durable des services écosystémiques dans les régions ultrapériphériques de l’UE et les pays et territoires d’outre‑mer. Actuellement, les projets BEST soutiennent les efforts de conservation dans les territoires de l’UE à travers le monde, de l’Amazonie aux régions polaires, en passant par les Caraïbes et la Macaronésie.

Modification des systèmes façonnés par l’homme

L’évaluation de référence de l’AEE L’environnement en Europe – état et perspectives a montré qu’en plus des mesures de conservation, nous devons changer fondamentalement nos modes de production et de consommation des aliments et de l’énergie, la manière dont nous développons et appréhendons les villes dans lesquelles nous vivons mais aussi la façon dont les personnes se déplacent et les marchandises sont transportées.

Les activités agricoles et autres pratiques de gestion des terres exercent la plus forte pression sur la nature, l’abandon des prairies ayant un impact particulièrement important sur les pollinisateurs, les oiseaux des terres agricoles et les habitats semi‑naturels. En augmentant d’un quart l’agriculture biologique, en réduisant de moitié l’utilisation de pesticides d’ici 2030 et en restaurant les particularités topographiques à haute diversité sur certaines terres agricoles, nous contribuerons à restaurer la biodiversité.

Les espaces verts urbains ont été plus que jamais utilisés pendant la pandémie de COVID‑19. La protection de ces espaces est de plus en plus importante, mais les infrastructures grises dominent encore souvent alors que les populations urbaines augmentent. La stratégie en faveur de la biodiversité invite les citoyens à élaborer des plans d’écologisation de l’espace urbain, à créer des prairies, des fermes, des parcs et des jardins urbains et à les relier entre eux, ainsi qu’à installer des toitures et des murs végétalisés et à border les rues d’arbres et de haies pour permettre le retour de la biodiversité. Les plans devraient également viser à éliminer les pesticides et, par exemple, à créer des zones favorables aux pollinisateurs dans les villes.

Enfin, la Commission européenne a présenté un plan d’action « zéro pollution », « Vers une pollution zéro dans l’air, l’eau et les sols ». Les objectifs comprennent une réduction de 50 % des pertes de nutriments en réduisant le ruissellement des engrais azotés et phosphorés, tout en protégeant la fertilité des sols. En outre, la stratégie « De la ferme à la table » pour un système alimentaire équitable, sain et respectueux de l’environnement permettra également de réduire l’utilisation de pesticides.

Remarque: Depuis 2005, le calcul de la superficie est basé sur des données spatiales. Avant 2005, des données tabulaires étaient utilisées. De nombreux sites sont désignés au titre des deux directives « Habitats » et « Oiseaux ». Le calcul de la superficie Natura 2000, qui tient compte de ce chevauchement, n'est disponible que depuis 2011.  
Source: Évaluation des indicateurs de l'AEE : sites Natura 2000 désignés au titre des directives européennes « Habitats » et « Oiseaux ».  
Source: NATURA 2000 – DG ENV, compilé à partir des bases de données des États membres. Sources fond de plan : © EuroGlobalMap/Eurogeographics et DG ESTAT, validité des données de NATURA 2000 pour l'Europe, mise à jour fin 2019. Projection : azimutale équivalente de Lambert.

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