L’environnement en Europe en 2015 : pour s’assurer un avenir prospère, des mesures plus ambitieuses portant sur nos politiques, nos connaissances, nos investissements et l’innovation sont nécessaires

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Press Release Publié 02/03/2015 Dernière modification 22/04/2016 11:09
Les politiques européennes sur l’environnement et le climat ont produit des résultats substantiels, améliorant l’environnement et, par là-même, la qualité de vie, tout en stimulant l’innovation, la création d’emplois et la croissance. Toutefois, malgré ces améliorations, l’Europe reste confrontée à une série de défis environnementaux persistants et croissants. Relever ces défis exigera des changements fondamentaux dans les systèmes de production et de consommation à l’origine des problèmes persistants.

 Image © EEA, Keith Arkins, Alexander Goranov

Notre analyse montre que les politiques européennes ont réussi à relever de nombreux défis environnementaux au fil des ans. Mais, dans le même temps,  nos sociétés et économies continuent d’endommager les systèmes naturels et les services écosystémiques qui sous-tendent notre prospérité.

Hans Bruyninckx, Directeur exécutif de l’AEE

Ce sont là quelques messages clés de l’évaluation quinquennale de l’Agence européenne pour l’environnement intitulée « L’environnement en Europe – État et perspectives 2015 » (SOER 2015), publiée aujourd’hui. SOER 2015 est une évaluation intégrée de l’environnement à l’échelle européenne. Elle comprend aussi des évaluations — et des données — aux niveaux mondial, régional et national, ainsi que des comparaisons entre pays.

Les politiques de l’UE ont produit des résultats substantiels

Aujourd’hui, les Européens profitent d’un air et d’une eau plus sains, de plus de recyclage et moins de mise en décharge des déchets. Cependant, l’Europe est encore loin d’atteindre son objectif de « Bien vivre, dans les limites de notre planète », fixé pour 2050 par le 7ème Programme d’action européen pour l’environnement. Bien que nous exploitions les ressources naturelles de manière plus efficace qu’auparavant, et que nous en dépendions totalement, nous continuons à les dégrader tant en Europe que dans le reste du monde. De plus, des problèmes tels que la perte de biodiversité et le changement climatique restent des menaces majeures.

Selon Hans Bruyninckx, Directeur exécutif de l’AEE « Notre analyse montre que les politiques européennes ont réussi à relever de nombreux défis environnementaux au fil des ans. Mais, dans le même temps,  nos sociétés et économies continuent d’endommager les systèmes naturels et les services écosystémiques qui sous-tendent notre prospérité. Vivre dans les limites planétaires constitue un défi certes immense, mais aussi fondamental car le relever répond à l’urgence de préserver les bénéfices que nous en retirons. Si nous utilisions pleinement nos capacités d’innovation, nous pourrions rendre l’Europe réellement durable tout en nous plaçant à la pointe de la science et de la technologie, en créant de nouvelles industries, et ainsi engendrer une société plus saine. »

SOER 2015 souligne le besoin de politiques plus ambitieuses pour atteindre la vision de l’Europe pour 2050 qui, intrinsèquement, insiste sur le besoin de nouvelles approches répondant à la nature systémique de nombreux problèmes environnementaux. Par exemple, des pressions externes, comme certaines mégatendances au niveau mondial, peuvent s’opposer aux politiques spécifiques et aux efforts domestiques de gestion de l’environnement. Par ailleurs, de nombreux défis environnementaux sont étroitement liés aux systèmes de production et de consommation dont sont tributaires de nombreux emplois et sources de revenus ; modifier ces systèmes peut engendrer divers coûts et avantages. En outre, les gains liés à une utilisation plus efficace des ressources sont souvent compensés par une consommation croissante.

Le rapport conclut qu’en dépit d’une pleine mise en œuvre — essentielle — des politiques existantes, ni les politiques environnementales actuellement en vigueur, ni les gains d’efficacité économique ou technologiques ne seront suffisants pour atteindre la vision de l’Europe à l’horizon 2050.

Il faut transformer les systèmes clés

Relever les défis complexes auxquels l’Europe est confrontée exigera des politiques plus ambitieuses, de meilleures connaissances et des investissements plus avisés afin de transformer en profondeur les systèmes clés que sont l’alimentation, l’énergie, le logement, le transport, les finances, la santé et l’éducation. Pour cela, des stratégies et des approches seront nécessaires pour atténuer les pressions et éviter des préjudices potentiels, rétablir les écosystèmes, rectifier les inégalités socio-économiques et s’adapter aux tendances mondiales telles que le changement climatique et la diminution des ressources.

Toujours selon Hans Bruyninckx, « Nous disposons de 35 ans pour veiller à ce que nous vivions sur une planète durable d’ici 2050. Cela peut sembler être un avenir lointain, mais nous devons agir dès maintenant pour atteindre cet objectif. Nos actions et nos investissements doivent être encore plus ambitieux et plus cohérents. Bon nombre des décisions que nous prenons aujourd’hui vont déterminer la manière dont nous vivrons en 2050. »

SOER 2015 - L’environnement en Europe: principaux faits et tendances

Capital naturel

  • Les politiques de l’UE ont permis de réduire la pollution et d’améliorer de manière significative la qualité de l’air et de l’eau en Europe. Toutefois, la dégradation continue des écosystèmes est une menace pour l’activité économique, la création de richesses et le bien-être humain.
  • La perte de biodiversité se poursuit. Respectivement 60 % et 77 % des évaluations faites pour les espèces et habitats protégés au titre des Directives sur la Nature indiquent un état de conservation défavorable. L’Europe n’est pas en mesure de réaliser son objectif de mettre un terme à la perte de biodiversité d’ici 2020.
  • La qualité de l’eau douce s’est améliorée ces dernières années ; cependant, pour environ la moitié des masses d’eau douce européennes nous ne parviendrons probablement pas à un « bon état écologique » en 2015.
  • La biodiversité marine et côtière est un sujet particulier de préoccupation. Les pressions comprennent les dommages causés aux fonds marins, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et l’acidification des océans. Si la surpêche a diminué dans l’océan Atlantique et dans la mer Baltique, le tableau est plus négatif pour la Méditerranée, avec une surpêche de 91 % des stocks évalués en 2014.
  • Moins de 6 % des surfaces agricoles européennes ont été utilisées pour l’agriculture biologique en 2012, avec de grandes différences d’un pays à l’autre.
  • Si l’on se projette dans le futur, les incidences du changement climatique devraient intensifier les pressions et les impacts, tandis que les moteurs sous-jacents de la perte de biodiversité devraient persister.

Efficacité dans l’utilisation des ressources

  • La consommation intérieure de ressources était de 16,7 tonnes par personne en 2007. Elle a diminué pour s’établir à 13,7 tonnes par personne en 2012, en partie en raison de l’effondrement de l’industrie du BTP dans certains pays européens.
  • La gestion des déchets s’est améliorée ces dernières années, avec une diminution des quantités de déchets produits et des quantités envoyées en décharge. Les taux de recyclage ont augmenté dans 21 pays entre 2004 et 2012, alors que les taux de mise en décharge ont diminué dans 27 des 31 pays pour lesquels des données sont disponibles. Les pays de l’AEE ont atteint un taux de recyclage moyen de 29 % en 2012, par rapport à 22 % en 2004.
  • Les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 19 % depuis 1990, et ce malgré une augmentation de 45 % de l’activité économique. L’utilisation des combustibles fossiles a diminué, de même que les émissions de certains polluants provenant du transport et de l’industrie.
  • La crise financière de 2008 et les difficultés économiques engendrées ont également contribué à la réduction de certaines pressions environnementales. Il reste à voir si ces améliorations seront durables.
  • Les politiques actuelles sont insuffisantes pour permettre à l’Europe d’atteindre ses objectifs environnementaux à long terme, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95 %.

Santé et bien-être

  • Les politiques environnementales ont amélioré la qualité de l’eau potable et des eaux de baignade et ont réduit l’exposition à des polluants dangereux majeurs.
  • La pollution atmosphérique et sonore continue d’avoir de graves conséquences sur la santé dans les zones urbaines. En 2011, près de 430 000 décès prématurés dans l’UE ont été attribués aux particules fines alors que l’exposition au bruit contribue chaque année au moins à 10 000 décès prématurés, dus aux maladies cardiaques.
  • L’utilisation croissante de produits chimiques, notamment dans les produits de consommation, a été associée à une augmentation observée des maladies et troubles endocriniens chez l’être humain.
  • Les améliorations prévues de la qualité de l’air ne devraient pas suffire à empêcher les dommages de se poursuivre, et les conséquences du changement climatique devraient empirer.
  • Le secteur des industries de l’environnement a connu une croissance de plus de 50 % entre 2000 et 2011. C’est l’un des rares secteurs à avoir prospéré en termes de revenus et d’emplois depuis la crise financière de 2008. 

Notes à l’intention de l’éditeur

À propos de l’AEE

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) est une agence de l’Union européenne. Elle a pour objectif de soutenir le développement durable et vise à une amélioration significative et mesurable de l’environnement en Europe en fournissant des données opportunes, ciblées, pertinentes et fiables aux décideurs politiques et au public. Elle est soutenue dans ses travaux par le Réseau européen d’information et d’observation pour l’environnement (Eionet), réseau composé de 39 pays européens.

À propos de SOER 2015

L’évaluation « L’environnement en Europe – État et perspectives 2015 » est composée de deux rapports et de 87 fiches en ligne. Il s’agit du rapport de « synthèse » et du rapport d’« évaluation des mégatendances mondiales », complétés par 11 fiches sur les mégatendances mondiales, 25 fiches européens, 9 fiches de comparaison entre pays, 39 fiches nationaux (sur la base des rapports nationaux sur l’état de l’environnement) et 3 fiches régionaux.

SOER 2015:

  • fournit une évaluation complète et intégrée de l’état, des tendances et des perspectives de l’environnement en Europe et situe celui-ci dans un contexte mondial;
  • sert de base pour la mise en œuvre de la politique européenne de l’environnement entre 2015 et 2020;
  • analyse les possibilités de modification des politiques existantes (ainsi que les connaissances utilisées pour élaborer ces politiques) afin d’atteindre la vision de l’Union européenne pour 2050, à savoir celle du bien-vivre, dans les limites de notre planète.
  • est une évaluation commune préparée en étroite collaboration avec le réseau Eionet, ainsi qu’avec les services de la Commission européenne. En outre, plusieurs organisations internationales ont participé à l’examen collégial de l’évaluation.
  • http://www.eea.europa.eu/soer

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