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La qualité de l’air intérieur

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Nombre d’entre nous passons jusqu’à 90 % de notre temps en intérieur, à la maison, au travail ou à l’école. La qualité de l’air que nous respirons en intérieur a également un impact direct sur notre santé. Qu’est-ce qui détermine la qualité de l’air intérieur ? Existe-t-il une différence entre les polluants atmosphériques intérieurs et les polluants atmosphériques extérieurs ? Comment pouvons-nous améliorer la qualité de l’air intérieur ?

 Image © Jose AS Reyes | Shutterstock

Beaucoup d’entre nous pourraient être surpris d’apprendre que l’air dans la rue d’une ville au trafic automobile moyen peut être plus propre que l’air de notre salon. Des études récentes montrent que les concentrations de certains polluants atmosphériques nocifs peuvent être plus élevées en intérieur qu’en plein air. Dans le passé, la pollution intérieure a fait l’objet d’une attention bien moins importante que la pollution de l’air extérieur, en particulier celle causée par les émissions engendrées par les industries et le transport. Cependant, au cours des dernières années, les menaces que représentent l’exposition à la pollution de l’air intérieur sont devenues plus apparentes.

Prenons une maison fraîchement repeinte et décorée de meubles neufs… ou un lieu de travail envahi par une forte odeur de produits d’entretien…, la qualité de l’air dans les maisons, les lieux de travail ou les autres espaces publics varie considérablement en fonction du matériel utilisé pour la construction et l’entretien, de l’usage prévu du lieu, de la façon dont il est utilisé et aéré.

Un air intérieur de mauvaise qualité peut être nocif, en particulier pour les groupes vulnérables comme les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires et de pathologies respiratoires chroniques telles que l’asthme.

Parmi les principaux polluants atmosphériques intérieurs, on trouve le radon (un gaz radioactif qui se forme dans le sol), la fumée de cigarette, les gaz et les particules dégagés par la combustion de combustibles, des produits chimiques et des allergènes. Le monoxyde de carbone, le dioxyde d’azote, les particules et les composés organiques volatils se rencontrent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Des mesures politiques peuvent aider

Certains polluants de l’air intérieur et leur impact sanitaire sont mieux connus que d’autres et font l’objet d’une attention plus marquée du public. L’interdiction de fumer dans les lieux publics en est un exemple.

Dans de nombreux pays, les mesures d’interdiction de fumer dans différents lieux publics étaient assez controversées avant que ces législations ne soient introduites. Par exemple, quelques jours seulement après l’entrée en vigueur de l’interdiction de fumer en Espagne, en janvier 2006, un mouvement d’opposition a vu le jour pour défendre ce que beaucoup considéraient comme leur droit de fumer dans les lieux publics fermés. Mais l’interdiction a aussi entraîné une plus grande prise de conscience du public. Dans les jours suivant son entrée en vigueur, 25 000 Espagnols par jour ont consulté un médecin pour avoir des conseils pour arrêter de fumer.

La perception publique du tabagisme dans les lieux publics et dans les transports en commun a beaucoup changé. De nombreuses compagnies aériennes ont commencé à interdire la cigarette sur les vols court-courrier dans les années 80, puis sur les vols long-courrier dans les années 90. En Europe, il est désormais inconcevable que des non-fumeurs soient exposés au tabagisme passif dans les transports en commun.

Aujourd’hui, de nombreux pays, dont tous ceux de l’AEE, ont adopté des lois visant à limiter ou à interdire la cigarette dans les lieux publics fermés. Après une série de résolutions et de recommandations non contraignantes, l’Union européenne a également adopté en 2009 une résolution demandant aux États membres de promulguer et d’appliquer des lois pour garantir à leurs citoyens une protection complète contre l’exposition à la fumée de tabac ambiante.

Il semble que l’interdiction de fumer ait amélioré la qualité de l’air intérieur. Les polluants liés à la fumée de tabac ambiante diminuent dans les espaces publics. En Irlande par exemple, la mesure des polluants atmosphériques dans les lieux publics de Dublin avant et après l’entrée en vigueur de l’interdiction de fumer a révélé une diminution allant jusqu’à 88 % de certains polluants atmosphériques présents dans la fumée de tabac ambiante.

Comme pour les polluants atmosphériques extérieurs, les effets des polluants atmosphériques intérieurs ne se limitent pas à notre seule santé. Ils représentent également des coûts économiques importants. En 2008, on estime que l’exposition à la fumée de tabac ambiante sur les lieux de travail dans l’UE a coûté à elle seule plus de 1,3 milliard d’euros en coûts médicaux directs et plus de 1,1 milliard d’euros en coûts indirects liés à des pertes de productivité.

Pollution de l’air intérieur

La pollution intérieure ne se limite pas à la fumée de tabac

Le tabac n’est pas la seule source de pollution intérieure. Comme l’explique Erik Lebret de l’Institut national néerlandais pour la santé publique et l’environnement (RIVM), « la pollution atmosphérique ne s’arrête pas au seuil de la maison. La plupart des polluants extérieurs pénètrent dans nos maisons, où nous passons l’essentiel de notre temps. De nombreux facteurs ont une incidence sur la qualité de l’air intérieur — la façon de cuisiner, l’utilisation de poêles à bois, de bougies ou d’encens, l’utilisation de produits de consommation tels que la cire ou l’encaustique pour nettoyer les surfaces, les matériaux de construction comme le formaldéhyde présent dans le contreplaqué ou encore les produits ignifuges présents dans de nombreux matériaux. Et il y a aussi le radon qui provient des sols et des matériaux de construction. »

Les pays européens essaient de lutter contre certaines de ces sources de pollution intérieure. M. Lebret indique : « Nous essayons de remplacer les substances les plus toxiques par des substances moins toxiques ou de trouver des processus qui réduisent les émissions, telles que les émissions de formaldéhyde émanant du contreplaqué. D’autres mesures visent à réduire l’utilisation de certains matériaux émetteurs de radon utilisés pour la construction des murs. Ces matériaux étaient utilisés dans le passé, mais leur utilisation a, depuis, été limitée. »

Promulguer des lois n’est pas la seule façon d’améliorer la qualité de l’air que nous respirons. Nous pouvons tous prendre des mesures pour contrôler et réduire les particules et les substances chimiques en suspension dans les espaces fermés.

Des actions simples comme la ventilation des espaces clos peuvent améliorer la qualité de l’air qui nous entoure. Mais certaines actions bien intentionnées peuvent avoir des effets inverses. Comme l’explique M. Lebret, « il faut ventiler, mais il ne faut pas trop ventiler car cela entraîne une perte importante d’énergie. Or cette perte d’énergie nous conduit à chauffer plus et donc à utiliser davantage de combustibles fossiles, ce qui se traduit par une aggravation de la pollution de l’air. Nous devons toujours agir en privilégiant une utilisation plus sensée de nos ressources de manière générale ».

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