4. Tendances sociétales et secteurs-cibles

Document Dernière modification 19/04/2016 19:31

Les tendances

La stratégie de base du 5PAE consiste à intégrer les considérations environnementales dans les autres politiques, en s'attachant principalement à cinq secteurs-cibles. Le but est de provoquer des changements dans les tendances et pratiques actuelles. Malgré cette stratégie il semble n'y avoir ni transformation ni affaiblissement des forces responsables des pressions sur l'environnement. Hormis l'agriculture et de l'usage des matières, tous les secteurs affichent des tendances à la hausse qui entraînent une consommation énergétique accrue, davantage de mobilité et donc de transports (voir Figure 4.1).

Par rapport aux hypothèses qui avaient cours au moment de l'élaboration du 5PAE, les tendances suivantes sont restées inchangées ou ont donné lieu à une aggravation des contraintes pesant sur l'environnement:

  • une augmentation de population plus importante que prévu.
  • une croissance plus rapide que prévu des transports (route et air).
  • une croissance continue du tourisme.
  • une croissance continue de la consommation d'énergie (l'amélioration de l'efficacité énergétique dans l'industrie et le secteur ménager est contrecarrée par l'augmentation de la consommation dans le secteur des transports).

Quelques autres tendances ont abouti à une (relative) moindre pression sur l'environnement (par comparaison avec les hypothèses du 5PAE):

  • La croissance économique et industrielle affiche une réduction relative (en dépit de l'achévement du marché intérieur).
  • L'utilisation des engrais et des pesticides agricoles est en réduction absolue (à cause surtout de la réforme de la PAC).

Figure 4.1: Tendances sociétales dans l'Union européenne (PIB, transport routier des passagers, consommation d'énergie, utilisation des engrais azotés et tourisme); scénarios actuels

Note: Le taux de croissance futur pour le tourisme est exprimé en terme d'arrivées, alors que les tendances passées le sont en nuitées.

Source: Eurostat; DRI et al, 1994

Les secteurs-cibles

L'augmentation régulière de leurs activités n'a pas empêché les secteurs de l'industrie et de la production d'énergée de diminuer quelque peu leurs charges sur l'environnement (voir Figure 4.2). Les politiques ciblées sur les sources ponctuelles d'émissions (entreprises avant le 5EAP), et concentrées sur les techniques 'end-of-pipe' ont été assez performantes. Les petites et moyennes entreprises (PME) requièrent cependant encore de la vigilance. D'ici 2000, les secteurs de l'industrie et de l'énergie seront probablement venus au bout de l'essentiel des mesures ne nécessitant que peu, ou pas, de dépenses, notamment: efficacité énergétique, minimisation des intrants et des déchets, modifications à faibles coûts des processus technologiques. Cependant, la prévention de la pollution et la conservation de l'énergie, des matières et des autres ressources (par ex. l'eau) n'ont pas été intégrées de manière suffisante aux politiques et comportements sectoriels.

Depuis le début des années 70, l'intensité énergétique a diminué, principalement grâce à une amélioration de l'efficacité énergétique et à la modification structurelle globale de l'économie. Cependant, la consommation d'énergie totale finale a régulièrement augmenté entre 1974 et 1992, d'environ 0,6% par an en moyenne. La mise en oeuvre des mesures actuelles du 5PAE (aux niveaux UE et nationaux) ne modifiera sensiblement aucun de ces chiffres; en fait, l'intensité énergétique connaîtra une moindre réduction. Les principaux facteurs sous-jacents sont les prix, toujours faibles, de l'énergie (qui sapent les mesures d'économies d'énergie) et l'utilisation croissante de l'énergie dans le secteur des transports (qui fait contre-poids à une plus faible utilisation par l'industrie).

Figure 4.2: Évolution des rejets par l'industrie, les secteurs de l'énergie et des transports dans l'UE des 12

Source: Eurostat; Eurostat/OCDE, 1995

NB: Les taux de croissance à venir du tourisme sont exprimés en termes d'arrivées; les tendances passées sont données en fonction des nuitées.

Pendant la dernière décennie, la répartition des modes de production d'énergie s'est quelque peu modifiée. La part des combustibles solides a chuté, celle du gaz naturel et du nucléaire a augmenté. L'on s'attend à une plus forte substitution encore des combustibles solides par le gaz. La part actuelle des énergies renouvelables représente quelque 5% et devrait atteindre 7,5% en 2010.

L'agriculture occupe la plus grande partie des superficies de terres et est largement responsable de l'entretien des paysages ruraux et de l'économie rurale. Pourtant, l'agriculture intensive ajoute aux contraintes sur l'environnement aquatique et a diminué et altéré les habitats naturels et la biodiversité. On observe dans le domaine agricole une tendance à la baisse des pressions sur l'environnement, due principalement à la réforme de la Politique agricole commune de l'UE. La mise en oeuvre complète de la Directive sur les nitrates apportera de nouvelles améliorations. Les décalages dans le temps et l'accumulation dans les sols empêcheront d'observer autrement qu'à long terme les effets de ces politiques de réduction des impacts sur l'environnement. Entre-temps, les problèmes tels que la demande d'un approvisionnement suffisant en eau potable augmenteront, de même que l'on assistera à une détérioration supplémentaire de la qualité de l'eau.

Les transports devraient être au centre des préoccupations futures. Les contraintes exercées par ce secteur sur l'environnement augmentent imperturbablement. Les prévisions laissent entrevoir un quasi-doublement du transport routier des marchandises et une augmentation de 50% environ du transport routier des personnes, entre 1990 et 2010. La qualité de l'air (urbain) dépend essentiellement des émissions provenant des transports, qui participent aussi fortement au changement climatique. Cette contribution augmente et contrebalance les gains réalisés dans d'autres secteurs. À ce jour, l'UE a joué un rôle majeur dans l'instauration d'impératifs environnementaux pour le secteur des transports (normes techniques, combustibles). Indépendamment de l'introduction d'obligations supplémentaires poussant à l'innovation technologique sur les produits, la difficulté sera de concevoir de nouveaux systèmes de transports, dont un redéploiement des infrastructures, pour satisfaire la demande de mobilité d'une façon plus rationnelle que ne le propose le transport routier. Il faudra aussi s'efforcer de favoriser une décroissance de la demande globale de mobilité (par exemple en tirant profit de la "société de l'information").

Le secteur du tourisme a connu une croissance significative ces dernières années, croissance qui devrait se poursuivre dans l'avenir. Le morcellement ou l'absence d'informations rendent impossible une évaluation complète de l'impact de ce secteur sur l'environnement. Le tourisme excessif, ou mal géré, peut avoir des conséquences négatives complexes et variées, liées par exemple au trafic routier et aérien, à la pollution de l'eau, aux eaux de baignade malsaines (en raison des faiblesses du traitement des eaux usées), à la perte des habitats induite par les infrastructures touristiques et les troubles que cette activité occasionne. Il est évident que nous manquons d'une stratégie claire pour créer un tourisme soutenable au niveau des régions, alors même que l'UE n'est pas compétente dans ce domaine.


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