Au-delà de Paris: faire de l'économie à faible émissions de carbone une réalité

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Article Publié 30/11/2016 Dernière modification 06/12/2016 15:20
En décembre dernier à Paris, le monde s'est fixé un objectif ambitieux : contenir l'élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et poursuivre l'action menée pour limiter l'élévation de la température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels. Lors du sommet du G20 plus tôt ce mois-ci, la Chine et les États-Unis ont annoncé leur engagement formel à rejoindre l'accord de Paris. C'est une étape importante dans le cadre de l'effort international qui vise à réduire les émissions des gaz à effet de serre et à limiter le réchauffement climatique. Néanmoins, les engagements actuels de réduction qu'ont assumés jusqu'à ce jour les pays signataires ne sont pas suffisants pour atteindre cet objectif ambitieux.
Elena Georgiou, My City/EEA

Elena Georgiou, My City/EEA

Les contributions de l'Union européenne pour mettre en œuvre l’accord de Paris sont définies dans le cadre d'action en matière de climat et d'énergie de l'UE à l'horizon 2030 et sont mises en œuvre par une série de mesures. Le 20 juillet, la Commission européenne a proposé un nouveau paquet de mesures visant à accélérer la transition vers une économie à faible émissions de carbone en Europe, qui doit encore être approuvé par le Parlement européen et le Conseil.

Ce paquet est l'une des étapes concrètes proposées pour réaliser l'engagement de l'Union européenne à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Les propositions comportent des réductions d'émissions contraignantes pour les États membres pour la période de 2021 à 2030 et prévoient, pour la première fois, l'inclusion des activités liées à l'utilisation des terres et aux forêts au sein du cadre d'action pour le climat et l'énergie 2030 de l'UE.

Le paquet renforcera de manière significative la politique climatique et énergétique de l'UE, qui vise à accompagner la transition de l'UE vers une économie compétitive et à faible émissions de carbone. Il analyse, de manière approfondie, les émissions de tous les secteurs de l'économie: les transports, les bâtiments, l'agriculture, les déchets, l'utilisation des terres et la foresterie, et prévoit des réductions d'émissions dans tous les secteurs économiques. Il s'appuie également sur la réforme du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE de l'UE), proposée en juillet 2015, traitant des émissions du secteur de l’énergie et de l’industrie.

En outre, il est prévu que les réductions des émissions soient facilitées par un certain nombre d'initiatives politiques sectorielles ou de paquets plus larges, comme la stratégie pour une mobilité à faible intensité de carbone ou le paquet «Économie circulaire».

Concevoir des approches systémiques et cohérentes

Au cours des dernières années, nos rapports, parmi lesquels L'environnement en Europe – État et perspectives 2015 (SOER), ont souligné à maintes reprises l'importance vitale des approches systémiques. Les problèmes environnementaux actuels, y compris le changement climatique, impliquent un degré de complexité élevé. Par exemple, nous ne pouvons pas améliorer la qualité de l'air en Europe sans transport à faible émission de carbone, sans une meilleure conception de nos villes, sans un renforcement de la coopération internationale pour lutter contre les mouvement transfrontaliers des polluants atmosphériques, ou sans un réseau d'espaces verts autour des zones urbaines. Le changement climatique peut également aggraver la pollution de l'air. Il en va de même pour l'atténuation du changement climatique. Nous devons lutter contre les émissions provenant de tous les secteurs économiques et comprendre les modes de production et de consommation qui génèrent ces émissions. Étant donné qu'environ 10 % des émissions mondiales proviennent actuellement de l'UE, il est également clair que ce problème mondial ne sera pas résolu en réduisant les émissions uniquement en Europe.

Nos évaluations soulignent régulièrement la nécessité d'objectifs politiques cohérents et à long terme. L'introduction de changements fondamentaux dans les systèmes clés peut prendre des décennies. La mise en place d'un système de mobilité ou énergétique propre et à faible émissions de carbone nécessite des investissements importants dans les infrastructures et la recherche sur les technologies propres. L'adoption de politiques incohérentes et sans objectifs clairs risque d'entraver les investissements réalisés dans des solutions innovantes.

Mesures, investissements et connaissances

Compte tenu du cadre stratégique de l'UE et des signes encourageants provenant des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, les défis à venir peuvent être regroupés en trois volets.

Le premier volet repose sur les sources de connaissances. Les bonnes décisions politiques s’appuient sur des données factuelles concernant les tendances passées et sur des projections robustes. Dans cette transition, il apparaît clairement que nous aurons de plus en plus besoin de connaissances tournées vers l'avenir pour guider nos décisions politiques. Dans ce contexte, l'AEE a pour objectif d'apporter une plus grande clarté à la complexité de l'environnement.

En deuxième lieu, il y a les défis liés aux interventions et aux mesures. Le cadre stratégique de l'UE doit être traduit en initiatives et en actions concrètes sur le terrain par les autorités publiques à tous les niveaux dans les États membres de l'UE. Cela exige une cohérence stratégique et des objectifs à long terme similaires à ceux de l'Europe. Il est essentiel d'en assurer la mise en œuvre intégrale par des politiques et des mesures nationales appropriées.

En troisième lieu, les défis en termes d'investissements impliquent que la transition vers une économie à faible émission de carbone ne peut être atteinte par les seuls investissements publics. Les investissements privés doivent également être mobilisés pour des projets d'infrastructures propres et pour la recherche dans les technologies propres.

A la COP 21 à Paris, les acteurs économiques et ceux de la société civile ont joué un rôle de mobilisation des négociateurs vers l'objectif plus ambitieux de 1,5 degré. Ils auront également un rôle clé à jouer dans la mise en œuvre des mesures, la canalisation des investissements et la contribution aux connaissances dont nous avons besoin.

 

Hans Bruyninckx

Directeur exécutif de l’AEE

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